Daux

Publié le Mis à jour le

Dans la série Connaître nos villages  par Michel Comby

Créé au 12ème siècle sur la moyenne terrasse de la Garonne, à une altitude de 176 m, le village de Daux peut cependant revendiquer une présence humaine beaucoup plus ancienne : à l’époque romaine, un oppidum, le fort de Mayras, se dressait à la limite nord de la commune, commandant l’entrée de la vallée de la Save. Au moyen-âge, la première trace écrite de la présence d’une communauté humaine qui faisait partie de la seigneurie de Terride, date de 1046.

Du Moyen-Age à la Renaissance

 Plan de Daux vers 1500En 1187, Gautier de Terride fait don à l’abbé Guillem de terres à Daux, ainsi que d’une famille de travailleurs, ce qui donne à penser que la population était au moins en partie, en état de servage. Au début du 13ème siècle, le mariage d’Escaronne de Terride avec Bernard Jourdain, fait passer le village sous la domination des puissants comtes de l’Isle Jourdain. Ceux-ci, au 13ème siècle, organisèrent la communauté : la Charte de 1253, acte officiel, consacra la fondation de  » Saint Salvy de Daux « . En 1289, le noble et puissant seigneur Aude de Mauléon prit possession des domaines composant la succession de Guy Jourdain de l’Isle.
La ville vécut ainsi cinq siècles sous des maîtres successifs. Aux 13ème et 14ème siècle, son territoire faisait partie de la province de Guyenne, à la limite de la zone d’influence anglaise. La borne milliaire marquant la frontière avec le Languedoc existe encore sur la route de Toulouse, au lieu-dit  » La Croix d’Aliez « . Cette influence anglaise fut toutefois très faible, les liens se nouant surtout vers la ville de Toulouse et le Languedoc. En 1405, le comté de l’Isle passa aux mains du comte de Clermont, puis en 1420 à Jean d’Armagnac ; celui-ci fut dépossédé par Louis XI en 1475, pour rébellion, et les rois de France recueillirent la suzeraineté de Daux. En 1554, Henri II confirma les coutumes et privilèges de Saint Salvy de Daux et octroya des armes parlantes à la cité  » D’azur aux trois tours crénelées posées 2 et 1, au chef également d’azur aux 3 fleurs de lys d’or  »
En 1579, la seigneurie de Daux fut échangée par le roi au profit de l’illustre Guy Dufaur de Pibrac, compagnon d’Henri III et d’Henri IV et auteur des  » Quatrains « . Nouveau changement au 17ème siècle : la seigneurie est partagée entre les Bénédictins de la Daurade, qui possédaient le château plus tard appelé  » de Lalo  » et les de Turle, résidant au château de Peyrolade. Le dernier seigneur de Daux fut le chevalier Jean Guy Marie de Lalo, né en 1743 et conseiller au Parlement de Toulouse. De santé fragile, il survécut à la révolution et mourut à Daux en 1817.
Les premiers temps de Daux furent des temps d’insécurité. En 1212, les croisés de Simon de Montfort ; en 1356, les anglais du Prince Noir, puis les guerres de religion au long du 16ème siècle et les troubles de la Fronde en 1652. C’est pourquoi, dès le moyen âge, la ville avait été protégée par une ceinture de fossés profonds que bordaient des murailles construites en pisé (mélange de terre et de paille). Trois portes, flanquées de tours, complétaient cet ensemble qu’on appelait  » le Fort de la ville « . Tous ces ouvrages disparurent à la révolution et au début du 19ème siècle ; il semble toutefois que l’actuel soubassement du clocher soit un vestige d’une ancienne tour de guet. L’administration de la ville étaient confiée à 4 consuls, choisis par le seigneur sur une liste de huit candidats. Huit conseillers, s’ajoutant aux consuls, formaient  » le conseil général de la communauté  » dont les séances étaient publiques. En 1693, fut institué, par édit royal, un  » mayeur  » ou maire perpétuel et un auditeur des compte, charges payantes qui donnaient droit au titre de consul. Le 1er  » mayeur  » fut Nicolas de Rabaudy, écuyer, qui prit possession de sa charge le 15 août 1693.

Les temps révolutionnaires

 Pendant la révolution, Daux fut incorporé au canton de Lévignac, supprimé sous l’Empire ; il fut ensuite rattaché au canton de Grenade, les consuls devenant des officiers municipaux. Cette époque est marquée par de nombreux troubles : discordes civiles, levée de troupes mal ressenties, chemin défoncés, prêtres en exil, plus d’école. L’Empire porta remède à ces maux et la paix, à partir de 1815, permit aux paysans d’accéder à de meilleurs conditions de vie avec la disparition des privilèges et l’introduction de nouvelles cultures, céréales, légumineuses, fruitiers, remplacement des anciens champs de lin.
Il faut enfin noter que son église Saint Barthélémy s’orne d’un clocher monumental du 16ème siècle de type gothique Toulousain, heureusement restauré dans les année 1930. Les deux châteaux de Peyrolade et de Lalo (17ème siècle) témoignent de la splendeur des anciens seigneurs.

 

 

 

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