Une vieille maison de Thil « Le château de Laffont »

Publié le Mis à jour le

Première mention dans les écrits.

Le plus ancien livre terrier commun à Thil et à Bretx (1515), mentionne le nom de Supéry de Laffont, propriétaire à Thil. Au siècle suivant, son ascendant Guillaume, fit construire vers 1550, une maison sur le domaine qu’il possédait au nord-ouest de la commune. Cette importante bâtisse, construite en briques, comportait selon l’usage des locaux d’habitation situés à l’étage, sur un rez de chausée consacré aux besoins domestiques ; elle était accolée de dépendances et d’un pigeonnier carré surmonté d’un toit à quatre pentes. On rejoignait le village de Thil en empruntant  » le cami nau « , qui pris le nom de  » chemin de Laffont « , nom conservé de nos jours.

de Laffont ,livre terrier de 1515, Bretx-Thil
de Laffont ,livre terrier de 1515, Bretx-Thil

Georges de Laffont capitouls
Les Capitouls de Toulouse en 1617

Une famille de capitouls et parlementaires Toulousains.

Le registre cadastral de Thil établi en 1669 par Guérin Furgole, notaire royale, nous montre  » le noble Guillaume de Laffont, bourgeois, ancien capitoul de Toulouse, qui tient maison, basse-cour, fournial, pigeonnier, jardin, verger, terre, vigne et métairie à Laffont.  »
Ce Guillaume eut plusieurs enfants, dont l’un, Jean, fut un notable de Sarrant, en Gascogne. Une fille, Marguerite, épousa Jean Estellé, marchand à Thil au XVIIème siècle. La maison qui était encore propriété de Laffont en 1669 est vendue avant 1695 ou un acte notarié de Jean Barrué, notaire royale à Thil, nous apprend que le maître des lieux était Antoine d’Albis, notaire du roi, né à l’Isle d’Albi en 1632 ; il mourut à Thil en 1711. Lui succéda Pierre Thomas d’Albis, mort lui aussi à Thil en 1721. Vers cette époque la maison fit l’objet d’importants travaux par l’adjonction d’un corps de bâtiment dans le prolongement des constructions anciennes, et des aménagements intérieurs.
Le fils de Pierre Thomas, Denis né en 1699, fit une belle carrière au Parlement de Toulouse, comme conseiller. Il mourut à Thil à l’âge de 89 ans, en 1788. On l’appelait le  » Doyen  » à la fin de sa vie, et il se consacrait à ses propriétés agricoles.
Le fils de Denis, Jean François Denis, comte d’Albis de Belvèze, aussi conseiller au parlement eut la malchance de vivre une époque difficile. Il avait acquis de Monsieur, comte de Provence et frère de Louis XVI, le titre de  » seigneur de Thil  » en 1783, titre qui comportait de maigres bénéfices, mais surtout les  » honneurs « , auxquels on attachait alors un grand prix. Pendant la révolution, 57 conseillers du parlement qui avaient protesté contre sa suppression, furent arrêtés et guillotinés à Paris. D’Albis émigra en Espagne en 1792 puis rejoignit l’armée des émigrés à Coblenz.

L’exil et la confiscation des biens.

En fructidor An II (1793) ses biens saisis, furent vendus aux enchères à Beaumont de Lomagne, dispersés en de nombreuses parcelles. La maison de Laffont, entourée d’une dizaine d’hectares fut adjugée à un Thilois, Jacques Lézat pour 22200 livres payable en assignats. Jean François Denis d’Albis, condamné à mort comme émigré, ne put rentrer en France qu’en 1802, grâce à l’amnistie offerte par Bonaparte. Il racheta la maison la même année à Pierre Lézat, fils de Jacques pour une somme de 800 francs et y mourut deux ans plus tard, en 1804.

Maison de Laffont à Thil (31)
Maison de Laffont à Thil (31)

La cession du château .

Son épouse et ses trois enfants vécurent donc à Thil les années suivantes. Mais sa fille épousa en 1809 Monsieur de Saint Jean, plus tard maire de Montaigut et les deux fils étaient tous deux militaires, absents par obligation. Tous trois vendirent le  » château de Laffont  » resté en indivision, en 1830 à un habitant de Thil (aux Pépils), Antoine Comby et à ses deux fils, pour la somme de 5000 francs.
Avec l’indemnité accordée aux émigrés par Charles X, on put ériger après 1830 le château d’Albis au Mouillas. La veille maison de Laffont est, elle restée depuis 1830 à la même lignée de propriétaires, sans transformations importantes, sauf l’adjonction vers 1850, d’une petite aile, pour des besoins agricoles. Elle supporte vaillamment le poids de près de quatre siècles d’existence.
Michel Comby

 

 

 

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s