Les cloches de Thil

Publié le Mis à jour le

Le décret du 22 avril 1792

En 1792, le roi Louis XVI était en butte à l’hostilité des révolutionnaires, mais aussi à celle de certains de ses ministres dont la politique était opposée à ses idées. Il vit une issue à cette situation bloquée par le déclenchement d’une guerre étrangère, nourrissant le secret espoir que le révolution serait balayée par les armes et son autorité rétablie.Aussi, proposa-t-il le 20 avril à l’assemblée Législative, de déclarer la guerre à l’Autriche Hongrie. Confirmant ses espérances, le conflit débuta par d’humiliants revers : les armées du nord se débandèrent et les Impériaux purent pénétrer en territoire français. Par ailleurs, l’opposition intérieure qui s’amplifia à la suite des mesures antireligieuses mit le gouvernement dans la nécessité d’adopter des mesures draconiennes pour sauver la patrie. C’est ainsi que fut décrétée le 22 avril 1792, sur la proposition de François Aubry député du Gard à la Convention, la loi prescrivant la réquisition des cloches des églises afin de récupérer leur bronze pour fabriquer des canons. Une requête parvint en ce sens au Maire de Thil ; le 7 juin. Celui-ci répondait que les Thillois :

Cloche de Thil à la révolution » En exécution de ladite loi, désirant ardemment de porter à l’État tous les secours dont ils sont susceptibles, voyant en cette circonstance qu’il ne leur est pas possible d’y satisfaire, attendu qu’il n’y a dans la dite paroisse, ni église succursale, ni auratoire, du moins pourvue de cloche, qu’il n’y a pas d’autres cloches que celles qui sont addattées au claucher de l’église parroissiale, du dit lieu de Thil, lesquelles se trouvent indispensablement nécessaires pour l’utilité des dits paroissiens, ont en conséquence délibéré et dit qu’il ne sera point délivré de cloches comme étant nécessaires à l’utilité de la parroisse « .  Mais la royauté va tomber dans les semaines suivantes et la Convention ne s’embarrasse plus de civilités.

La descente des cloches à Thil

Le 18 mai 1793, le citoyen Le Camus, commissaire du canton de Grenade, publie un arrêté pour vérifier la descente des cloches. Le 6 juin, il communique à la municipalité les pouvoirs qui lui ont été donnés à l’effet de surveiller l’exécution de la loi ; nous avons tout lieu de croire que cet arrêté fut exécuté en dépit de l’opposition des Thilois, à l’exception peut être d’une unique cloche, dont le maintien restait toléré. En 1795, un arrêté du département interdit les sonneries de cloches sur l’ensemble de la Haute Garonne. A cette époque, le zèle patriotique qui animait les Thilois, en 1789 n’est plus que façade, remplacé par la peur. Réquisitions, conscription, taxation des denrées et persécutions religieuses firent naître une sourde opposition au régime qui ne disparaîtra qu’après le 18 brumaire avec la politique plus souple de Bonaparte.

Le remplacement des cloches

  Dans les années qui suivirent, notre clocher se regarnit d’un bel ensemble de cloches ; la dernière en date fut baptisée le 27 avril 1969. Elle porte l’inscription suivante :  » j’ai pour parrain Michel d’ORGEIX – pour marraine Michèle BRUYERE – Maire Raymond MAURE – Curé Louis CORSTIAN. « 

                                                                Michel Comby

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