Le cahier de doléances de Thil

Publié le Mis à jour le

 Les causes du mécontentement

  En 1789, la crise financière et le malaise général de la société menèrent le pouvoir royal à convoquer les États Généraux pour essayer de trouver un remède à la crise.
Les délégués des trois ordres (Noblesse, Clergé, Tiers état) désignèrent leurs représentants à cette assemblée et les communautés dressèrent chacune leur cahier de doléances que les délégués avaient pour mission de défendre à l’assemblée de leurs sénéchaussées respectives.Portant la date du 10 mars 1789, le cahier de la communauté de Thil fut rédigé pour être exposé lors de la réunion de la sénéchaussée de l’Isle-Jourdain, dont dépendait Thil.
On peut ainsi résumer ses caractéristiques :
Profond respect de l’institution monarchique et de la personne du roi considéré comme le père de son peuple, même si l’on pense qu’il est mal conseillé ;
Forte demande d’égalité sociale et surtout fiscale ;
Dénonciation des abus de toutes sortes dont s’estiment victimes les Thilois ;
Exposé des difficultés particulières de Thil.

Cahier de Doléance-Thil
Les doléance des femmes de Toulouse versifiées en occitan

Citons quelques passages de ce texte : *    » La commune de TILH a le désavantage de posséder un sol extrêmement aride qui exige les plus grands travaux et les plus grands soins pour sa culture et pour être mise en valeur, et qui n’est capable de rapporter quelque production qu’après des dépenses considérables qui absorbent la majeure partie du produit (…) La condition des redevables (de l’impôt) est encore aggravée par la fatale distinction qu’on a faite jusqu’ici entre biens nobles et biens roturiers... »
Les moyens employés pour la levée de l’impôt sont qualifiés  » de vexations les plus tortionnaires, qui pressurent les malheureux redevables et consomment la ruine entière d’une famille qui manque souvent du plus absolu nécessaire « .
Les corvées de chemins mal supportées, car elles font perdre un temps précieux et sont au bénéfice d’autres communautés, Thil n’en retirant aucun avantage ; par ailleurs, les travaux publics sont effectués par des entrepreneurs qui ne cherchent qu’à augmenter la dépense et livrent souvent un ouvrage défectueux.
Thil situé en pays d’Élection (élection de Rivière Verdun) souhaite que la province soit érigée en pays d’État car ce sont alors les États provinciaux qui votent les impôts et non plus le représentant du pouvoir royal qui en décide. Il est enfin demandé qu’aucun citoyen ne puisse être  » distrait de ses juges naturels et légaux, et qu’il ne puisse être établi d’autres juges que ceux que la nation voudra choisir et adopter « . Notons l’émergence de la notion de nation…
Ces doléances furent signées au nom de la communauté de Thil par D’Abolin, juge (1), Chastel, consul, Estelle, Lézat, Mauré, Cornac, consul, Mesplé, greffier.

  Dans une lettre en guise de postface adressée au seigneur, le comte d’Albis, il était ajouté :  » Nous vouliouns aussi exposé que le village est situé au bord du ruisseau qui grandit tous les jours par les rabins quy sy equoulet dedans, quy antrenera le village dans tres peu de temps si la communauté n’y pourvoit par une chaussée en briques. « 

  Ainsi parlèrent les Thilois de 1789 ; leurs revendications raisonnables connurent la suite que l’on sait.

                                                                                                               Michel Comby

(1) Notable thilois, propriétaire du Fort d’Aja près de Bretx, très vieille bâtisse à vocation militaire.

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