Histoire de Thil

Publié le Mis à jour le

 Le souterrain oublié

Dans les années 1950, un sentier, mal entretenu, serpentait à flanc de pente du  » regaz  » de Thil, renforcé par endroits des restes d’un mur ancien en briques et cailloux.

   A la hauteur de l’angle EST du plaça on pouvait voir un grand acacia qui avait poussé à mi pente et dont les racines recouvraient une importante cavité. Il s’agissait là des vestiges de l’orifice d’entrée d’un très ancien souterrain dont les ainés du village, gamins en 1900, gardaient un très net souvenir. De leurs récits, ressort qu’à cette époque, et malgré l’interdiction de leurs parents, certains enfants du village, les plus audacieux, se risquaient parfois dans ce boyau obscur, repaire de chauve-souris, à la lueur d’une tremblante chandelle. Le souterrain se prolongeait sur une dizaine de mètres, puis se divisait en deux branches… A ce stade, le courage les abandonna. Plus tard l’entrée fut fermée d’une grille cadenassée pour décourager toute nouvelle velléité d’exploration.

   En ces années, les pentes du ravin n’étaient plus entretenues comme autrefois et la végétation poussait librement. Un acacia s’enracina au-dessus de la voute d’entrée et la croissance de ses racines provoqua son effondrement. La grille tomba au fond du ravin où on put la voir pendant des années, puis disparut. Sentier et reste du mur disparurent également ; seul demeura le grand acacia avec cette bizarre excavation sous les racines. Puis l’arbre fut abattu et la cavité comblée par ce qui fut le dépotoir municipal pendant des années, tout ceci, il faut le dire, dans un climat d’indifférence générale. Et nous voici en 2016 où plus aucune trace matérielle ne subsiste ; seul demeure le souvenir dans quelques mémoires qui, à leur tour, ne tarderont pas à disparaitre.
Si la réalité de ces faits et les témoignages ne peuvent être mis en doute, deux questions viennent à l’esprit : quand et pourquoi ?

Plan-Castrum-Thil
Castrum de Thil

   Au XIIème siècle le village de Thil était fortifié et constituait un  » Castrum  » de forme trapézoïdale dont le sommet était le château, construit sur l’ancien tumulus gallo-romain et la base, les maisons des habitants s’appuyant sur les pentes du ravin et des murailles ou des palissades sur les flancs. Il subsiste des restes de ces murailles dans la maison avant le pont sur le Riouet. Ces défenses n’étaient pas conçues pour soutenir un siège mais étaient suffisantes pour écarter les pillards ou une petite troupe. On peut penser que le souterrain permettait de relier discrètement le château et l’église en cas de troubles et permettait aussi une sortie de secours en cas d’urgence ? Il aurait pu être utilisé à nouveau au XVIème siècle, pendant les guerres de religion, et aussi pendant la Terreur en 1794.
Cette histoire est bien-sûr entachée de quelques suppositions, mais elle s’intègre dans un contexte très réel. Si la redécouverte de ce souterrain reste problématique, son souvenir doit rester comme une part de notre patrimoine historique.
Michel Comby

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