La chapelle de Saint Orens de Marnac.

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Saint Orens

Vers l’an 400, Orens, évêque d’Auch, évangélisa les villages sylvestres de l’Armagnac et de la vallée de la Garonne.

 Les premières églises furent bâties plus tard, mais on peut affirmer qu’au début du XIIIème siècle chaque village possédait son église.

  La plus ancienne trace que nous ayons de la chapelle de Saint Orens remonte à l’an 1538.
A cette date le pouillé (1) du diocèse de Toulouse mentionne la chapelle comme annexe de l’église Saint Martin de Thil (notons au passage que Saint Martin était alors le patron de notre église). Le recteur, Bernard Balin est dispensé d’y résider, il se contente d’en percevoir les dîmes, abus fréquent à cette époque. Dans l’annexe de Marnac, les dîmes étaient partagées par moitié entre le chapitre de l’Isle, dont quelques chanoines habitaient la rue des Canonges (chanoines en occitan) et l’église métropolitaine de Toulouse.
Pour pallier à l’absence du titulaire de la cure, trois religieux, Etienne Boysson, Gilles Garin et Pierre Bordes assuraient le servir de la paroisse, se contentant de la  » portion congrue « . Aucune trace ne subsiste de cette première chapelle, peut être détruite pendant les guerres de religion. Rappelons que le château de Marnac, qui fut capitoul et que le Sabbatérat tire probablement son nom d’une secte protestante, les Sabbataires, ainsi nommés parce qu’ils avaient adopté le samedi comme jour de repos à l’instar du peuple juif.

Au début du XVIIème siècle, les Dufaur revinrent au catholicisme et récupérèrent leurs

Chapelle SaintOrens-Thil-Marnac
La chapelle au lieu-dit Marnac à Thil

biens confisqués. En gage de foi, ils firent reconstruire la chapelle vers 1650 et prirent le titre de seigneurs de Saint Orens. Ce nouveau bâtiment construit en  » paillebart  » était  » orienté  » c’est à dire le choeur tourné vers l’Est, à l’inverse de la configuration actuelle.
Vers 1840, la chapelle, qui était en mauvais état, reçut d’importantes modifications : le bâtiment fut prolongé vers l’est de 3 mètres, l’ancien portail d’entrée sur le mur ouest fut comblé et la chapelle  » occidentée « , le choeur se trouvant reporté à l’ouest.

On construisit alors l’élégant clocher en briques, de forme  » queue de morue  » rare en midi-pyrénées, pourvu d’une cloche fondue en 1839, qui nous apprend les noms de ses parrains et marraines : Jean Joseph Thérèse, Denis d’Albis de Belbèze et Germaine Dufaur de Marnac. Plus tard une  » litre  » : bande noire apposée lors du décès d’une personnalité, fut peinte sur le bâtiment. Il en reste trace sur la façade est.

Depuis cette époque, la chapelle fait l’objet d’un pèlerinage au mois de mai ; une imposition de chaînes dorées autour du cou des jeunes enfants devait les protéger contre la peur, car la légende disait que Saint Orens, par volonté de mortification, se plongeait jusqu’à mi-corps dans un bassin d’eau froide, ceint d’une lourde chaîne de fer.
Depuis, les années ont passé ; un mauvais entretien mais aussi le pillage et le vandalisme ont mis notre petite chapelle à rude épreuve.
En dépit du mauvais état actuel de ce bâtiment, certes modeste, mais authentique et attachant, nous gardons l’espoir que des mesures conservatoires permettront la sauvegarde de cet ancien témoin du passé.

(1) Pouillé : état et dénombrement de tous les bénéfices dans une étendue de pays déterminé.

Chapelle SaintOrens-Thil
Chapelle Saint Orens-Mur en terre massive

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